Théorie du nouvel an

D’après mon ex binôme, la circoncision chez les juifs a lieu 8 jours après la naissance. Pour lui, Jesus (qu’il appel l’acrobate car le nommer reviendrait à lui donner de l’importance) ayant vu le jour le 24 décembre, ou plutôt dans la nuit du 24 au 25 (est ce que dans ce genre de cas on dit du nouveau né qu’il a vu la nuit et non le jour ?) sa Brit Mila a du être effectuée le 1er janvier. Du coup, il m’affirme que les chrétiens sont fous et qu’en réalité dans la nuit du 31 au 1er ils ne célèbrent la circoncision du Christ et non pas la nouvelle année qui n’est qu’une excuse, un prétexte pour dissimuler la véritable raison.

Licenciement, troisième partie : sentiments ?

J’ai beaucoup râlé ces derniers temps : sur mes collègues, mon patron, l’entreprise… Du coup, on pourrait croire que je suis content de partir. Et bien pas vraiment.

Certes, je me rend bien compte que je faisais un job sous payé, pas vraiment reconnu et sans aucune possibilité d’évolution, je réalise aussi que mes conditions de travail n’étaient pas excellentes, on m’a bien rappelé que cette situation découle d’un choix personnel (celui d’accepter ou non de reprendre un rayon dans lequel un de mes meilleurs amis dans le même cas que moi à l’époque s’épanoui (presque) pleinement) et je suis bien conscient que ce licenciement ouvre des tas de perspectives, l’opportunité d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie et plein d’autres truc géniaux avec des petits oiseaux tout rose, des fleurs et une musique lyrique et cet avenir (ou plutôt cette possibilité d’avenir) m’exite tout autant qu’elle me terrifie car, en gros, je sais ce que je perd mais je ne sais pas ce que je gagne. J’ai même du mal à modérer l’enthousiasme effréné de certain de mes proches qui voient dans ce départ mon salut total et inconditionnel, l’accomplissement de ma vie passé, présente et future.

Pour autant, ça ne me réjouit pas de partir. Pour commencer, j’ai du mal a entretenir de l’amertume : je suis un sacrifice nécessaire à la survie de tas d’autre (du moins je l’espère) et, surtout, mes conditions de départ sont plutôt sympa. Je dirais même qu’une certaine reconnaissance est en train de naître vis à vis de ma boite puisque, me connaissant, mollusque attentiste que je suis, j’aurais moisi dans ce boulot pendant des années (voir des décennies) avant de daigner envisager l’hypothèse que, peut être, il faudrait réfléchir à l’éventualité d’une possibilité de départ or, en me foutant dehors, on m’offre une occasion en or de merder ma vie mais ailleurs ce qui, en soit, n’est pas négligeable.

Mais, sans voir aussi loin, le fait de quitter une boite dans laquelle on a travailler pendant plus de 4 ans n’est jamais simple (j’imagine car, pour tout avouer, c’est la première fois que je travaille plus de deux mois sous une même enseigne). A vrai dire, si je suis resté aussi longtemps au même endroit c’est parce que, outre le fait d’être une moule amorphe, malgré tout  je m’y plaisais : des contraintes minimes, entouré de bouquins sur lesquels j’avais 30% (note pour « l’après », réduire drastiquement ma consommation de
livre), une indépendance et une autonomie quasi totale (mais mérite) et des taches que je maîtrisais sur le bout des doigts tout en conservant mon cerveau en mode off.

De plus, en dehors des conditions de travail plutôt avantageuses et des réductions des prix quand à mes achats culturels quasi indispensables, des gens vont me manquer. Au fil du temps j’ai créé avec certains collègues une sorte d’intimité, parfois dans un cadre strictement professionnel (ce qui n’empêche pas qu’ils vont me manquer) parfois à un niveau beaucoup plus personnel car ils sont carrément devenu des pote voir des amis. C’est par exemple (et principalement) le cas de Buster Casey pour qui je m’inquiète car je l’abandonne ici, au milieu de ce monde sauvage qu’est l’entreprise, seul, démuni et énervé avec comme grande crainte de le voir faire les grands titres des journaux après mon départ (vous savez, les accroches du genre : « un malade mental torture ses collègues avec un trombone et un cutter rouillé » ou « on a retrouvé le maniaque accroupi derrière une montagne de cadavres sanginolant ânonnant « je voulais juste travailler pénard, je voulais juste travailler pénard »). Tous Quelques uns de ces individus qui ont partagé ma vie pendant plus de 4 ans vont me manquer. Vraiment.

Tout ça pour dire que non, même si je sais bien que partir représente une opportunité, même si je sais que j’en suis en partie responsable, même si je sais que, de toutes façons, la situation est inéluctable, ça ne m’enchante pas vraiment de quitter (ou d’être quitté par ?) mon travail.

Licenciement, deuxième partie : comment ? et quand?

Au cas ou vous ne le savez pas encore, je suis réceptionnaire en librairie. Une sorte de manutentionnaire amélioré effectuant un bête travail de chimpanzé.  En gros, mon magasin passe des commandes chez différents fournisseurs et je suis chargé de réceptionner les cartons et de rentrer les livres en stock.

Ceux qui ont lu mon post du 23 ont compris que dans ce climat, je n’ai plus vraiment ma place au sein de l’entreprise.

Ceux qui me connaisse savent que ça va faire plus d’un an et demi maintenant que cette menace plane au dessus de ma tête.

A l’époque on nous avait annoncé ce PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi… ironique non?) comme un trailer le fait pour un gros film hollywoodien : Centrale d’achat, licenciement, reclassement, évolution de l’entreprise, grande perspective d’avenir. En clair, on nous prévenait d’une modification radical, brutal et surtout rapide de tout ce qu’on connaissait. Sans être vraiment alarmé, j’avais informé un peu à tout le monde autour de moi en oubliant que c’était de ma boite dont je parlais et que, par conséquent, les délais annoncés ne serrais jamais tenus, que la mise en place serrait catastrophique et que tout pataugerais dans une incertitude constante.

Résultat, voila un an que tout le monde me dit : « mais, tu ne devais pas être licencié? ». Si. Mais janvier 2009 et devenu juin, puis août, puis novembre, puis mars 2010, puis fin janvier 2010 pour finalement se fixer sur le 31 décembre 2009. Joyeuse année.

Citations Dominicales part. 9 (bis)

Tyler Durden : Ecoutez moi bande d’asticots. Vous n’êtes pas exceptionnels.
Vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique.  Vous êtes faits de la même substance organique et pourrissante que tout le reste. Nous sommes la merde de ce monde prête à servir à tout. Nous appartenons tous au même tas d’humus en décomposition.

Tyler Durden : La pub nous fait courir après des voitures et des fringues. On fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On a pas de but ni de vraie place. On a pas de grande guerre, pas de grande dépréssion. Notre grande guerre est spirituelle. Notre grande dépréssion, c’est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu’un jour on sera tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars… mais c’est faux, et nous apprenons lentement cette vérité.

Narrateur : Sur une durée suffisament longue, l’esperence de vie tombe pour tout le monde à zéro.

Fight club de David Finchervia

Citations Dominicales part. 9

PETER, DE MT. DESERT ISLAND, ME : Quel est le roman dont vous êtes le plus fière ?
HADES SHUFFLIN : En général, les écrivains possèdent une réponse toute faite à ce genre de titillation amicale, un balbutiement typique du style « celui qui n’est pas encore écrit », mais je vous épargnerai pareille trivialité. Mon unique ambition est de provoquer l’émerveillement du lecteur. Je considère cela comme un devoir sacré. Ouvrez la porte et retenez votre souffle : ce qui se trouve de l’autre coté dépasse vos espérances. Le seul roman dont je sois fier, c’est celui qui vous laisse épuisé, les mains derrière la tête et les yeux fixés au plafond , vous faisant murmurer, Seigneur, il est trois heures du matin.

JOHN, D’AURORA, CO : Pourquoi refusez-vous systématiquement les interviews télé ?
HADES SHUFFLIN : De mon point de vue, la télévision n’est qu’une machine à produire du bruit, un aquarium bruyant, dénué de toute beauté. Je ne regarde que quelques cartoon. Je ne suis pas Salinger mais je ne vois pas en quoi le fait de subir les interrogations préfabriquées d’un bellâtre inculte affligé d’un éternel et stupide sourire pourrait contribué à augmenter le chiffre de
mes ventes.

Dreamericana de Fabrice Colin