Licenciement, troisième partie : sentiments ?

J’ai beaucoup râlé ces derniers temps : sur mes collègues, mon patron, l’entreprise… Du coup, on pourrait croire que je suis content de partir. Et bien pas vraiment.

Certes, je me rend bien compte que je faisais un job sous payé, pas vraiment reconnu et sans aucune possibilité d’évolution, je réalise aussi que mes conditions de travail n’étaient pas excellentes, on m’a bien rappelé que cette situation découle d’un choix personnel (celui d’accepter ou non de reprendre un rayon dans lequel un de mes meilleurs amis dans le même cas que moi à l’époque s’épanoui (presque) pleinement) et je suis bien conscient que ce licenciement ouvre des tas de perspectives, l’opportunité d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie et plein d’autres truc géniaux avec des petits oiseaux tout rose, des fleurs et une musique lyrique et cet avenir (ou plutôt cette possibilité d’avenir) m’exite tout autant qu’elle me terrifie car, en gros, je sais ce que je perd mais je ne sais pas ce que je gagne. J’ai même du mal à modérer l’enthousiasme effréné de certain de mes proches qui voient dans ce départ mon salut total et inconditionnel, l’accomplissement de ma vie passé, présente et future.

Pour autant, ça ne me réjouit pas de partir. Pour commencer, j’ai du mal a entretenir de l’amertume : je suis un sacrifice nécessaire à la survie de tas d’autre (du moins je l’espère) et, surtout, mes conditions de départ sont plutôt sympa. Je dirais même qu’une certaine reconnaissance est en train de naître vis à vis de ma boite puisque, me connaissant, mollusque attentiste que je suis, j’aurais moisi dans ce boulot pendant des années (voir des décennies) avant de daigner envisager l’hypothèse que, peut être, il faudrait réfléchir à l’éventualité d’une possibilité de départ or, en me foutant dehors, on m’offre une occasion en or de merder ma vie mais ailleurs ce qui, en soit, n’est pas négligeable.

Mais, sans voir aussi loin, le fait de quitter une boite dans laquelle on a travailler pendant plus de 4 ans n’est jamais simple (j’imagine car, pour tout avouer, c’est la première fois que je travaille plus de deux mois sous une même enseigne). A vrai dire, si je suis resté aussi longtemps au même endroit c’est parce que, outre le fait d’être une moule amorphe, malgré tout  je m’y plaisais : des contraintes minimes, entouré de bouquins sur lesquels j’avais 30% (note pour « l’après », réduire drastiquement ma consommation de
livre), une indépendance et une autonomie quasi totale (mais mérite) et des taches que je maîtrisais sur le bout des doigts tout en conservant mon cerveau en mode off.

De plus, en dehors des conditions de travail plutôt avantageuses et des réductions des prix quand à mes achats culturels quasi indispensables, des gens vont me manquer. Au fil du temps j’ai créé avec certains collègues une sorte d’intimité, parfois dans un cadre strictement professionnel (ce qui n’empêche pas qu’ils vont me manquer) parfois à un niveau beaucoup plus personnel car ils sont carrément devenu des pote voir des amis. C’est par exemple (et principalement) le cas de Buster Casey pour qui je m’inquiète car je l’abandonne ici, au milieu de ce monde sauvage qu’est l’entreprise, seul, démuni et énervé avec comme grande crainte de le voir faire les grands titres des journaux après mon départ (vous savez, les accroches du genre : « un malade mental torture ses collègues avec un trombone et un cutter rouillé » ou « on a retrouvé le maniaque accroupi derrière une montagne de cadavres sanginolant ânonnant « je voulais juste travailler pénard, je voulais juste travailler pénard »). Tous Quelques uns de ces individus qui ont partagé ma vie pendant plus de 4 ans vont me manquer. Vraiment.

Tout ça pour dire que non, même si je sais bien que partir représente une opportunité, même si je sais que j’en suis en partie responsable, même si je sais que, de toutes façons, la situation est inéluctable, ça ne m’enchante pas vraiment de quitter (ou d’être quitté par ?) mon travail.

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5 réflexions sur “Licenciement, troisième partie : sentiments ?

  1. Buster Casey dit :

    Un petit remake de « Martyrs » ?

  2. Juda dit :

    Tu vas nous faire pleurer…
    Et puis il y a le Tigre blanc. Comment va-t-il faire sans toi?
    Peut être que tu devrais cacher la super agrafeuse. Elle peut être une arme redoutable!
    En tout cas, que le Tigre blanc ou Buster Casey m’appelle avant leur massacre, je me ferais un plaisir d’en clouer quelques uns…

    Hatsla’ha à toi

  3. Thé Citron dit :

    C’est sûr que ça ne doit pas être évident.
    Mais comme tu dis, ce licenciement est peut-être pour toi une chance de rebondir. Grâce à ton expérience dans le domain culturel, tu pourras peut-être trouver un emploi toujours dans ce même
    domaine!? C’est tout ce que je te souhaite en tout cas!!

    Bonne continuation.

    PS : 30% sur les livres!
    Haaaaaaaaaa!
    *saute partout*

  4. Lizly dit :

    J’espère que je suis pas comptée dans les proches hyper enthousiaste par rapport au nouvelle avenir qui s’offre à toi sans se rendre compte que c’est pas facile de partir.
    Parce que sinon ça veut dire que vraiment, je suis nulle quand je parle.

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