Sujets de femmes…

C’est triste mais, comme tous les 8 mars, les médias décident de s’intéresser à des sujets importants concernant (soit disant) les femmes [1] et qui, à mon humble avis devraient être aborder plus souvent.

Ainsi, dans mon quotidien gratuit j’ai pu lire un long sujet sur l’IVG en voie de disparition faute de centres et de professionnels. Le but de ce post n’est pas de rentrer dans un débat sur l’avortement (même si je reste clairement convaincu que des gens responsables ayant pris une décision n’impliquant personne hormis eux même doivent être aidés et non découragés que ce soit institutionellement ou moralement) mais de réagir à l’interview d’une infirmière refusant de pratiquer l’IVG et se plaignant de discrimination à l’embauche contre les infirmer(e)s objecteurs de conscience comme elle.

Alors, refuser d’embaucher quelqu’un à cause d’opinions politiques, religieux, d’une couleur de peau, ou de son sexe, c’est effectivement discriminatoire. Ne pas embaucher quelqu’un parce qu’il refuse d’exécuter une partie de son travail, me parait juste logique. Non ?

1 : soit disant parce que c’est justement en fixant dans l’esprit collectif ces sujets (ménages, enfants, viol, ivg…) comme des « sujets de femmes » que les choses ont autant de mal à évoluer.

Ligne éditoriale

Musique écoutée : Colony de In flames

Dernier livre lu : King Kong Théorie de Virginie
Despentes

Dernier film vu : Jennifer’s Body de Karyn Kusama

 

 

Il y a quelques semaines de ça, Muse répondait, par pub interposée, au magazine les Inrockuptibles. Mettant en exergue une citation de Pierre Siankowski (journaliste du dit magazine) pour lui prouver que le public n’est pas d’accord avec lui.

En règles générales, je n’aime pas les artistes qui refusent la critique. Je comprends totalement la difficulté d’être jugé sur son œuvre mais, à partir du moment où l’on décide de l’exposer aux yeux du monde, on se doit d’accepter que des gens n’apprécient pas et, en l’occurrence, que des critiques professionnels, qui ne se trouvent pas être un ramassis de frustrés (j’ai une grande admiration pour les critiques), donnent leur avis. Ce sont les règles du jeu et si on veut les contester on ne devient pas un personnage public.

 

Ceci dit, il faut bien faire la distinction entre un avis (même mauvais) et une mise à mort orchestrée autour de raisons sociales et non de critères artistiques.

 

Est-ce que les journaux imposent une ligne éditoriale à leurs chroniqueurs ou embauchent ils des critiques ayant la même vision du monde artistique qu’eux ? Ceci reste un mystère mais il est évident que derrière chaque magazine il existe la volonté de donner un ton défini.

Plus jeune, j’avais créé un « tableau de prévision » pour les critiques cinéma de Télérama qui tombait juste 90% du temps et mettait en corrélation des critères tels que le budget, la nationalité, l’année de production, le parcours du réalisateur, le succès du film et son appropriation sociale (qui le regarde et qui l’apprécie). En gros, on pouvait s’attendre à ce qu’un gros budget américain, un réalisateur venu du clip ou de la pub, les comédies grand public soient mal notés quand les films intellectualisant, suédois ou allemands, en noir et blanc, bourrés de dialogue, d’avant les années 50 se trouvaient bien notés.

 

Il me semble que de plus en plus, on ne lit (ou n’entend) pas des avis éclairés sur des produits artistiques mais des critiques formatées sur un genre (d’œuvre et/ou de public).

 

On se doute bien que cette critiques des Inrocks repose avant tout sur le coté mainstream de Muse et non sur les qualités purement musical de l’album et, je mets ma main à couper que si la même galette avait été pondue par un groupe de minet surfant sur la vague pop/electro du moment (en restant un minimum underground évidement), elle aurait été encensée comme la création de génies musicaux sans précédent (depuis la semaine passé et jusqu’à la publication de la semaine suivante ou un autre groupe underground-mais-pas-trop aurait raflé tous les honneurs).

Les magazines donnent de plus en plus les avis qu’on attend d’eux… et après on s’étonne que je parle à mes journaux ou que j’insulte certains papiers voir des chroniques web.

Diffusion culturelle part. 2 : Pigeon

Musique écoutée : Paradise Lost de Paradise Lost

Dernier livre lu : Une dizaine de mangas.

Dernier film vu : Kill Bill 2 de Quentin Tarentino

J’évoquais déjà ce principe avec le cinéma mais on s’éloigne de plus en plus du coté artistique de la culture pour se rapprocher de son aspect financier.  On rationalise de plus en plus la distribution de produits culturels au point de la confondre avec n’importe quels autres produits. En clair, on vend des livres comme on vend des petits pois, on diffuse du Cd comme autant de canapé-lit, on refourgue du DVD comme des mouchoirs en papier ou du surgelé. Les produits culturels perdent leurs différences et on se dirige vers une uniformisation de la production et de la diffusion de ces œuvres comme le dépeint bien cette enquête sur la FNAC, qui, au
final, n’est que le reflet de ce qui se passe actuellement à une échelle plus nationale.

Car, la FNAC n’est effectivement pas la seule enseigne à revoir ses conceptions de vente et son mécanisme général. Pour autant que je puisse en juger, toutes les grosses (et moyennes) chaines de culture ont tendance à suivre cette même voie du profit.

Ceci dit, dans cette approche (qui, à mon avis se trouve être une absurdité économique), on oublie 3 éléments primordiaux : la culture, le client et le prix.

– la culture : Considérer les produits culturels sous leur seul aspect économique c’est automatiquement les cataloguer en termes de cout/profit. Or, dans cette vision des choses, uniquement les produits les plus rentables vont continuer à exister et donc, peu à peu, les petits éditeurs, les sous genres, les œuvres marginales vont disparaître au profit d’une culture uniforme plus simple à organiser (moins de titre = plus de place et moins de transport et autres traitement) et permettant de larges bénéfices. La loi Lang, concernant le prix unique du livre a justement été mise en place pour éviter ce genre d’écueils : si tous les magasins sont obligés de vendre au même prix, imposé par l’éditeur, personne ne peut développer une concurrence déloyale ni sacrifier les petits éditeurs (même si, petit à petit, c’est ce que les grandes enseignes arrivent à faire en imposant des remises énormes et des droit de retours permanents) et 30 ans après c’est malgré tout ce qui est en train de se produire.

– le client : Concrètement, que cherche un client ? Un produit et un service (du conseil et de la compétence). Tout le monde a intégré que les grandes enseignes ressemblaient à peu près à de grandes surfaces avec plus de choix, un lieu dont le conseil et la compétence ont été bannis (ou alors ou ils ne sont ni reconnus ni valorisés). Ce qui est dramatique c’est que les gens, sans vraiment être satisfaits du service, continuent de se rendre dans ces grandes enseignes à cause, je pense, d’une part d’habitude mais surtout d’un préjugé énorme sur les boutiques dite « de quartier » : les prix y sont plus élevé (une contribution des supérettes alimentaires). Or, comme je viens de le dire plus haut, les livres sont vendus à un prix identique sur tout le territoire français et, mon expérience personnelle me porte à croire que les petites boutiques ne vendent pas plus cher les autres produits culturels… voir l’inverse. Prenons l’exemple de mon disquaire : pour avoir fait l’expérience et comparé avec des grands magasins, en moyenne les CD sont vendus deux euros de moins. Résultat : les boutiques sont désertées et les grandes enseignes peinent à conserver leurs clients.

– le prix : Un groupe facebook dit : « ce n’est pas le téléchargement qui tue le cinéma, c’est les 9 euros ». En gros, de la culture à moindre coût éviterait le téléchargement. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette affirmation tant la tendance est, de toutes façons, à la dématérialisation du produit, mais force est de constater que cette idée a du bon. Si les gens commandent sur internet c’est certes parce que c’est facile mais surtout parce que c’est moins cher.
Et s’ils téléchargent, c’est peut être parce que des producteurs et des magasins trop gourmands imposent des prix exubérants. Franchement, si les CD et les DVD neufs avoisinaient les 7 euros, je suis sur que les conséquences, en termes de vente, seraient énormes et le bénéfice final certainement plus importants qu’avec un prix de lancement aux alentours des 20 euros.

Au final, on s’approche de plus en plus du fast food culturel, proposant de la « culture » mainstream comme on vendrait des boites de conserve, oubliant (tuant ?) la diversité au profit du bénéfice, considérant le client comme une carte bleu achetant bêtement ce qu’on lui donne, appauvrissant, de par une politique idiote certainement peu rentable*, une culture qui au contraire, devrait être valorisée et diversifiée.

* Selon moi, une approche prenant en compte les trois critères précédemment cités permettrait un mieux et ce, même au niveau économique.

Diffusion culturelle part. 1 : Résumé de l’article

Musique écoutée : In Requiemde Paradise Lost

Dernier livre lu : Avant la quête T.3 : La voie du Rigede Le Tendre, Loisel et Mallié

Dernier film vu : Kill Bill 1de Quentin Tarentino

Aujourd’hui, bien que l’ayant promis il y a un bout de temps (mais vous savez ce que c’est : blogguer n’est jamais une science exacte), je vous présente une enquête sur la FNAC de Jacques Denis pour le journal le monde, vraiment représentative de ce qu’est le marché de la culture en 2010.

Créée en 1954, la FNAC (Fédération Nationale d’Achats des Cadres) participa largement à la « massification des loisirs cultivés » en s’appuyant sur une classe émergente, celle des cadres, plus cultivés et plus à même, de par leurs revenus, de financer cette culture orientée par des « médiateurs culturels » (comprenez des vendeurs).

Pourtant, contre coup de ce développement, la FNAC « a joué un rôle massif dans la distribution et la fabrication d’un gout moyen » comme le souligne Vincent Chabault, et, bien que conscient de cette réalité, les penseurs de l’enseigne la contre balance en s’affichant successivement comme agitateur culturel, certifiée non-conforme ou encore agitateur de curiosité, un vernis culturel ou le plus important n’est plus vraiment « d’agiter mais de montrer que l’on agite », et en continuant, dans son discours, de se présenter comme un fournisseur de diversité quand, concrètement, la mise en place étouffe toute culture marginale. Car, comme l’explique un encart dans l’article, tout devient payant pour l’éditeur/producteur : tête de gondole, parution dans les catalogues ou la revue adhérant, et même la mise en rayon se monnaye via des remises imposées à tous et des droits de retours abusifs.

La FNAC se transforme, s’implantant hors des frontière au point de devenir une multinationale dans laquelle tout est mis en place pour vendre avec le maximum de marges : achats groupés, dédains des petits éditeurs, nouveau management sur un model venu de la grande distribution, disparition des experts au profit de vendeurs issus d’école de commerce et vente, mise en place de produits obligatoires, autonomie du personnel réduite au strict minimum…

Malgré tout, comme de nombreux commerce de culture la FNAC se trouve actuellement prise en étaux par deux réalités économiques : de plus en plus de téléchargements et un développement des sites en lignes qui cassent les prix. Pour répondre à ces menaces le groupe prend des mesures purement économiques : PSE (autrement dit licenciements massif), fermeture de magasins et probable sacrifice du CD (alors que le groupe est leader sur le marché mais les profits réalisés ne sont pas suffisants).

Après avoir permis un essor culturel évident la FNAC se retrouve donc face à des impératifs économiques auxquels elle décide d’apporter une réponse purement économique, purgeant les œuvres qu’elle diffuse de toutes spécificités et se calquant sur le modèle de la grande distribution autrement dit du commerce de masse.

Voila donc la réalité dépeinte par l’article et prochainement je vous donne mon avis dessus.

Raz le bol

Musique écoutée : The pariah, the parrot the delusion de Dredg

Dernier livre lu : Les annales du disque monde T.24 : le cinquième elephant de Terry Pratchett

Dernier film vu : Les aventures du baron de Munchausen de Terry Gilliam

Vous avez peu être remarqué les trois tendances actuelles dans les médias de masse que sont la télé et la radio ? La survalorisation, la méchanceté et la blague à tout prix (chacune d’entre elles n’étant pas exclusive des deux autres puisqu’on peut tomber, par exemple, sur des blagues agressives ou de la survalorisation humoristique…)

– La survalorisation : Tout est bien, tout est beau, tout est génial. Sans distinctions ni sens critique, on traite tout le monde de la même façon, avec le même enthousiasme, on glorifie tout ce qui passe sur le plateau, toutes les oeuvres dont on parle, tous les sujets qu’on aborde.

Ce qui est triste dans cette démarche c’est qu’on arrive à une uniformité de la promotion. Tout devient équivalent puisque tous les films présentés sont aussi bons les uns que les autres, les CD sont identiquement excellents, les livres pareillement prenants.

Outre cette vénération analogue des œuvres culturelles et des artistes qui en sont à l’origine (exception faite de quelques cibles faciles qui font office d’un consensus général de dénigration comme par exemple De Fontenay et ses chapeaux rigolos ou Eve Angeli et ses phrases « amusantes »), cette méthode devient gênante quand elle aborde des sujets plus grave comme, par exemple, la politique car on en vient à laisser dire tout et n’importe quoi sans aucun contre argument, on arrive à ancrer comme vérité unique les exposés développés par les peoples/politiques du moment. Cette dérive est encore plus grave dans des émissions de lèche bottes qui se font passer pour subversives car alors les politiques semblent se trouver face à un « contre-pouvoir » ce qui donne encore plus de force à ses allégations (l’exemple le plus récent : Valérie Pecresse affirmant contre toute vérité sociologique, que la surpression de la carte scolaire est une excellente chose pour l’égalité des chances devant les chroniqueurs acquiesçant du Grand journal).

– La méchanceté : Certainement en réponse au courant des cireurs de pompe certains ont décider de durcir le ton, d’être plus incisif. Mais, là encore, les médias ont broyé le concept pour le pousser jusqu’à l’indigestion pour passer d’une critique construite à de la méchanceté gratuite. Du coup, les invités débarquent sur un plateau pour se faire dezinguer. Ici, on à une uniformité dans la nullité puisque tout ce que propose les artiste est identiquement pas bon (sauf en ce qui concerne les intouchables qui, quoi qu’ils proposent resteront toujours encensés comme Aznavour, incapable de chanter en rythme acclamé pour ses concerts ou Lynch qui pourrait filmer son trou de balle en plan fixe pendant une heure trente qu’on trouverait furieusement conceptuel et onirique), tout ce que peut dire un politique est automatiquement contesté et donc, au final, on arrive au même écueil que dans le cas précédent à savoir que tout se fond dans une sorte d’unanimité et rien ne sort du lot.

– Le bon mot : Dans ce cas les invités ou les informations données ne sont que des prétextes, des sujets sur lesquels tout un tas de chroniqueurs se déchaînent, ni pour critiquer, ni pour encenser mais seulement pour faire de l’humour. La encore, utilisé avec modération le ton pourrait être pas mal sauf qu’on rentre une fois de plus dans la surenchère. Plus aucune réelle information, ni critique construite ne ressortent de ce genre d’interview, seulement un amas de blagues plus ou moins drôle. Benabar témoignait, à la suite d’une émission chez Ruquier : « Me faire critiquer, j’ai les épaules, je l’accepte. Mais, maintenant, les invités sont complètement interchangeables ». Autrement dit, l’invité n’est qu’un prétexte et l’information une blague.

Au final, même si j’ai un peu grossi le trait à chaque fois, on arrive à une sorte de désinformation ou tout est égal à tout et, sous des couverts triviaux je trouve cette pente dangereuse ou tout du moins glissante. D’ailleurs, sans parler de nivellement pas le bas (car en matière de culture, de mon point de vue il n’y a ni haut ni bas mais seulement des goûts), je ne suis pas sur que cette direction soit bonne pour un épanouissement du téléspectateur que je suis.

Un classement legerement artistique

En voulant me plier à un questionnaire sur ce qui, pour nous, évoque la légèreté dans l’art, je me suis rendu compte que presque tout ce que j’affectionne se range plutôt du coté de la lourdeur. Pourtant, elle a lancé l’idée et elle a suivie alors je relève le gant.

Le problème avec ce genre  de terme (la légèreté) c’est qu’il reste un peu flou et c’est tant mieux. Voici les principales définitions :

Sens 1 : Dont le poids est faible. Synonyme désinvolte
Sens 2 : Peu consistant. Synonyme inconsistant
Sens 3 : Délicat, gracieux. Synonyme aérien
Sens 4 : Peu important. Synonyme impalpable

Du coup je vais me situer un peu au milieu de tout ça, tendant plus vers l’une ou l’autre définition au fil des catégories.

1 – Architecture

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J’ai toujours eu une tendresse particulière pour les gares (même si ce n’est pas pour ça que j’aime y passer du temps). Il y a la dedans quelque chose de fort, comme dans les églises ou les châteaux. Ce sont un peu (avec les grattes-ciel) nos monuments du 20 ème siècle, non ? En l’occurrence, c’est le toit du musée d’Orsay (une ancienne gare reconvertie en lieu de culture) immense baie vitré qui me rappel le plus la légèreté avec les vieilles entrées tout en finesse du Métropolitain de Paris.


2 – Sculpture

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Comme l’explique ce texte, les cages à mouches sont une transposition du monde de l’enfance dans le champ artistique et c’est peu être cela qui donne à cette œuvre une dimension de douce inutilité abstraite.


3 – Peinture

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Moi aussi je penche pour un japonnais mais plus contemporain que ceux qu’elles ont (ou auraient) choisie. Katsuhiro Otomo est le créateur, entre autre, du cultissime Akira et ses dessins possèdent quelque chose d’onirique.

4 – Danse

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Autant l’avouer, je ne suis pas du tout connaisseur en la matière. Du coup, je triche et me rabats vers un autre travail sur les mouvement du corps qui, d’un certain point de vu peuvent prendre une dimenion artistique.

5 – Musique

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À 99%, j’écoute du métal qui n’est pas, il faut bien le dire, une musique légère (et c’est d’ailleurs ce qui me plaît dans ce style). Pourtant, à mes yeux, un groupe fait figure d’exception : Pain of salvation et leur album acoustique 12 : 5 (dont voici un extrait) reste l’album le plus doux que je connaisse (si vous aimez le coté mélancolique de l’ensemble).


6 – Poésie

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Je m’étonne de ne pas trouver dans le classement la littérature dans sont acceptation plus général mais le jeu étant ce qu’il est c’est la démarche de Raymond Queneau dans exercices de style qui ressemble le plus à ce que j’aime. La poésie doit être composée de rimes ? Ok. Alors dans ce cas la, je cite Cyrano de Bergerac, la pièce de théâtre la plus poétique qui soit.


7- Cinema

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À une époque on à beaucoup parlé de feel good movie, ces films comme Juno ou Little Miss Sunshine qui sont censés vous rendre heureux. Ces deux derniers ne fonctionnent pas pour moi mais voici un top 5 éminemment subjectif des films qui me rendent plus léger.
I / Le roi arthur : Pour son coté RPG fantasy totalement assumé.
II / Underworld : La aussi j’adore l’esthétique fantastique sombre du film mais surtout j’aime l’histoire d’amour.
III / Clerks (ou n’importe quel autre film de Kevin Smith) : Pour l’univers geek assumé, le coté collégial mais par dessus tout les dialogues.
IV / Big party : un de mes péchés cinématographiques, c’est les teen movies et, dans celui ci, j’aime particulièrement l’agencement de l’histoire d’amour ainsi que la personnalité des héros.
V / Garden state : dernier de ce classement mais si un seul film devait représenté la légèreté ce serait celui-ci qui brille par son atmosphère éthéré, ses situations cotonneuses et son calme constant.

8 – TV

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On va partir sur l’idée que cette catégorie englobe tous les programmes créés exclusivement pour la TV. Du coup, ça ne va pas vous surprendre que je choisissent Scrubs à ce niveau du classement qui se trouve être la série la plus virevoltante, passant du délire absolu à l’intensité la plus dramatique.

9 – BD

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Pour le coup, je suis obligé de sous divisé par continent.
BD franco Belge : Le génie des alpages pour son abstraction totale et le retour à la terre pour son coté apaisant
Mangas : Même si ce n’est pas mon auteur préféré Taniguchi reste certainement l’un de ceux qui possède le coup de crayon le plus doux et il n’a pas son pareil pour raconter son histoire dans une ambiance de zenitude absolue.
Amérique: Calvin et Hobbs et Peanuts et leur philosophie profonde distillée sur 4 cases.

Voila trois jours que je bosse sur ce post, maintenant qu’il est terminé, je me sens plus léger.

Fouilleurs de vie

Musique écoutée : Pentcost III de Anathema

Dernier livre lu : Berceuse de Chuck Palahniuk

Dernier film vu : La dernière maison sur la gauche de Dennis Iliadis

« Moi, mes fruits et légumes, je vais les acheter au marché et tu devrais faire pareil« . Par exemple. Et des exemples, il y en a plein. « Tu devrais acheter de la qualité pour le bien être de ton corps, ne pas dépenser ton argent dans les cds, ne pas perdre ton temps devant ton ordi/ta télé/ton bouquin parce que c’est du temps perdu« … Tout ça, ce n’est pas ma mère qui me le dit, mais des gens. Des collègues de boulot, des connaissances, de la famille lointaine.

Alexis Macquart disait que la loi anti tabac a débloqué les gens et que maintenant, même un inconnu se permet de faire des réflexions au fumeur sur sa santé/le coût de son loisir/l’emmerdement des autres. En fait, c’est un principe plus général : des gens s’occupent de votre vie. Pas tous mais certains. Surtout ceux qui ne sont pas invités.  Ils s’immiscent dans l’intimité de votre portefeuille, qui s’infiltrent jusque dans votre emploi du temps, dans ce que vous avez, ce que vous devriez avoir, ce que vous faites ou devriez faire.

Reprenons la discussion du marché :
– Moi, mes fruits et légumes, je vais les acheter au marché et tu devrais faire pareil
– Braof (comme en général, ce genre de discussion m’ennuient, je tente d’esquiver en ne rentrant pas du tout dedans. Peine perdue)
– Quoi ? Non mais c’est vrai, tu devrais.
– C’est à dire je n’ai pas vraiment les moyens.
– Oh, on gagne sensiblement la même chose (On hypothetise sur votre fortune personnelle, sur ce que vous touchez et que vous dépensez, sur la gestion de votre budget. A l’époque de la fac, une copine à ma soeur m’expliquait qu’elle n’avait pas tant d’argent que ça : elle était boursière, ses parents touchaient des salaires modestes. Puis ma soeur m’a expliqué que ses parents étaient propriétaires de tout un tas d’appartements qu’ils louaient et que ses grand-parent lui filait assez d’argent pour renflouer le déficit de l’Afrique tous les mois. Dans le cas présent, si on additionne ce qu’elle et son conjoint gagne par mois, il est vrai que son couple ne possède sensiblement que 1500 euros mensuel de plus que le mien). Et puis, c’est mieux pour ton corps.
– Je mange des légumes quand même.
– Oui, mais en boite. Ou surgelé. Tu devrais prendre le temps de cuisiner (et d’aller au marché par la même occasion. Car le temps est une denrée consommable et le mien, je l’utilise mal).
– C’est à dire qu’en fait j’ai pas envie de parler de ça avec toi (mais à un certain niveau de conversation, ça ne sert plus à rien de répondre, ces gens la sont en roue libres, ils s’écoutent parler pour distiller leur précieux conseils).
– Et puis tout cet argent que tu dépense
– … pas envie de parler avec toi tout court…
– pour tes livres
– … marcassin orange à sombrero…
– ta musique – en plus moi je n’aime pas ta musique-, tes films -que je n’aime pas non plus d’ailleurs-, tes.. tes.. tes trucs
– … c’est le temps des pâquerettes…
– ce n’est pas ça la vraie vie (la sentence est tombée : je gaspille ma vie bêtement à m’immerger dans un univers que j’apprécie, à passer du temps avec les gens que j’aime, à tenter de me cultiver alors que je pourrais être un gros inutile avec une vie tellement morne et vide de sens et une personnalité si inattentive aux désirs des autres que je pourrais rejoindre la horde des contrôleurs de budget, de jaugeurs de vie, des senseurs de temps)
BON, c’est pas tout ça mais il va falloir que j’aille lentement regarder refroidir le gelé sur le bord d’une route serpentant au milieu d’un accordéon.

Soyons honnête. Je présente ici un cas extrême (ou seules mes lignes de texte ont été modifiées) mais, dans l’ensemble, sans faire de parano, vous n’avez pas l’impression que de plus en plus de gens se permettent des petites réflexions sur la manière dont vous vivez votre vie ?  Des gens qui non seulement qui s’infiltrent mais qui, en plus, jugent, estiment que cuisiner c’est mieux que regarder la télé, qu’aller au resto c’est dépenser son argent plus intelligemment qu’en achetant un bouquin, qui quantifie ce que vous êtes à l’aune de leurs propres valeurs ?