Modification sémantique

Il fut un temps, pas si lointain, ou seul les très mauvais films (ou les série B à petit budget) avaient le droit à un direct to vidéo, une sortie immédiate en VHS sans passer par la case cinéma. Ainsi, les rayons Action et, dans une moindre mesure, Horreur des vidéoclubs regorgeaient de daubes sympathiques arrivées directement sur leurs étagères sans même avoir connu une premier carrière en salle obscure. En règles générales, ces films faisaient un petit carton (à leur échelle, évidement) grâce aux fans de genre suffisamment informés et avides qui se jetaient sur ces perles rares à une époque ou les moyens de visionner un film restait restreint (l’achat ou la location).

Puis les temps ont changé tout comme le marché et les supports. Le cinéma devient de plus en plus un lieu de divertissement et les DVD et autres Bluray doivent combattre, à coup de prix prohibitifs, la menace intenet ainsi que la dématérialisation du contenu. Avec cette nouvelle donne, le pauvre consommateur de culture que je suis doit revoir ses schémas de connaissance pour éviter de passer à coter de bon moment de cinéma. Alors qu’avant je n’aurais jamais eu l’idée de poser mes yeux sur un direct to vidéo (à part pour me marrer et encore, à l’époque je n’avais pas le recul nécessaire) force est d’admettre que l’actuel direct to DVD ne revêt plus la même signification que son ancêtre. Ne serrait ce que cette année j’ai faillit passer à coté de trois très bon films à savoir Pandorum, Outlander et Halloween 2, non seulement parce qu’ils sont apparus dans l’anonymat le plus complet du fait de leur absence dans les salles (et donc dans les magazines et les webzines) mais aussi à cause d’un préjugé acquis plus jeune sur les films exclus du circuit habituel.

Comme quoi, ça peut être culturellement néfaste de vivre dans le passé.

NB : comme on ne lit pas forcement les commentaires, voici le complement de cet article, posté par BusterCasey :

C’est encore plus tordu que ça. Avant, les direct-to-video (maintenant DVD et bientôt Blu-ray) étaient majoritairement des produits de piètre qualité avec des stars du genre (Don « The Dragon » Wilson, si tu nous regardes…) mais c’étaient surtout des téléfilms. Aujourd’hui, avec un marché du film hyper-frileux et une France paranoïaque et culturellement à la ramasse, les direct-to-DVD sont remplis de vrais films, faits pour des salles de cinéma mais qui échouent comme des merdes dans les bacs parce qu’ils ont fait un gros bide en salles américaines. D’où les films que tu cites, échec au box-office, sortis à la va-vite et anonymement en DVD. Et comme tu le soulignes fort bien, il s’agit souvent d’oeuvres de qualité. Mais bon, tant que des navets en 3D comme le choc des titans plombent deux salles dans les cinémas, on va continuer à bouffer de l’herbe…

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3 réflexions sur “Modification sémantique

  1. Buster Casey dit :

     C’est encore plus tordu que ça. Avant, les direct-to-video (maintenant DVD et bientôt Blu-ray) étaient majoritairement des produits de piètre qualité avec des stars du genre (Don « The
    Dragon » Wilson, si tu nous regardes…) mais c’étaient surtout des téléfilms. Aujourd’hui, avec un marché du film hyper-frileux et une France paranoïaque et culturellement à la ramasse, les
    direct-to-DVD sont remplis de vrais films, faits pour des salles de cinéma mais qui échouent comme des merdes dans les bacs parce qu’ils ont fait un gros bide en salles américaines. D’où les
    films que tu cites, échec au box-office, sortis à la va-vite et anonymement en DVD. Et comme tu le soulignes fort bien, il s’agit souvent d’oeuvres de qualité. Mais bon, tant que des navets en 3D
    comme le choc des titans plombent deux salles dans les cinémas, on va continuer à bouffer de l’herbe…

  2. Buster Casey dit :

    C’est trop d’honneur, je suis confus

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