Un classement très fin : partie deux sur deux

Comme vous l’avez sûrement remarqué, hier, je n’ai publié que la première moitié du classement dont voici la suite (et la fin).

5 – Braveheart de Mel Gibson et V pour Vendetta de James McTeigue : Le triomphe des idées. Chacun des deux personnages (William Wallace et V) se bat pour une cause, pour un idéal (la liberté dans les deux cas). Ils dépassent le cadre de la personne et incarne la lutte en elle même. Pourtant, les deux se trouve être des hommes et, à la base de leur combat, se trouve une
histoire bien personnelle (la mort de sa femme pour l’un, celle de sa compagne de cellule pour l’autre) ce qui les rend d’autant plus attachant et impressionnant. Les deux films se concluent par la mort du héros et la diffusion des idées pour lesquels ils ont combattu à une large échelle. Dans Braveheart, on assiste au final au triomphe de l’esprit sur le corps, sous la torture William résiste à ce que même les spectateurs ont du mal à accepter et, jusque dans son dernier souffle, il gardera les convictions pour lesquels ses successeurs se battront. Le personnage de V, par contre, confira à d’autres le soin de mettre son plan à exécution et après des années de lutte acharné pour une prise de conscience (qui s’abattra finalement sous la forme d’une avalanche pacifique d’individus masqués comme lui) et se sacrifiera, lui, pour une vengeance, abandonnant ainsi le statut de concept pour redevenir un homme.

4 – Le labyrinthe de pan de Guillermo del Toro et L’orphelinat de Juan Antonio Bayona : La réalité de l’irréel. Hormis le fait d’être espagnol, ces deux films ont en commun de distiller du fantastique (les esprits pour l’orphelinat, le conte de fée dans le cas du labyrinthe) dans un univers réel. Pourquoi les avoir regroupé alors que dans leur contenu ils sont extrêmement différant ? Le Labyrinthe se penche sur l’histoire d’une petite fille qui, avec sa mère rejoint une ferme isolé dans laquelle son beau père, gradé dans l’armée de franquiste, lutte contre les rebelles. Sur place elle rencontre un faune qui lui impose des épreuves pour qu’elle rejoigne un royaume féerique dont elle serait soit disant la princesse. Très vite, on s’aperçoit que les épreuves que la fillette affronte sont similaire à celle qu’elle doit surmonter dans la réalité ce qui n’empêche pas le doute de peser : ce monde fantastique existe-t-il ou le fantasme-t-elle pour échapper à une vie qui lui déplaît ? L’orphelinat narre l’histoire d’une femme, mère d’un petit garçon qui décide de racheter l’orphelinat dans lequel elle a grandi. A peine arrivé, le gamin adopte un comportement troublant (classique dans ce genre de film : voix, présence invisible…) et, très vite, il disparaît. La mère, bouleversée par la disparition de son fils va emprunter le même chemin que lui. La encore, la question se pose : cette femme bascule-t-elle dans la démence ou le monde des esprit qu’elle perçoit existe-t-il ?

Évidement, dans les deux cas, quand je parle « d’existence du fantastique », je ne fais pas allusion à une réalité propre mais à un parti pris cinématographique qui part d’un postulat que le monde dans lequel il inscrit son histoire existe (à l’instar, par exemple, du sixième sens : ici, il est claire que les esprit auxquels sont confronté l’enfant ont une réalité et ne son pas des vues de son esprit).

Le final de ces deux films reste ambigu. Dans le labyrinthe, la petite fille se fait tuer en essayant de protéger son petit frère et, une fois morte, elle rejoint le royaume dont elle est la princesse. Dans l’orphelinat, la mère découvre non seulement que son fils est mort mais qu’en plus c’est de sa faute (sans le savoir, elle l’a enfermé vivant dans une chambre secrète) elle en meurt et se trouve rejoint par l’esprit de son fils et de tous les enfant décédés de l’orphelinat pour lesquelles elle devient une mère.

La beauté de ces fins repose sur leur caractère éminemment subjectif à savoir que dans chaque cas le réalisateur laisse une porte ouverte pour que le spectateur fasse son choix (même si, à mon avis, ils donnent leur avis).

Pour ma part, j’ai conclu que le monde féerique de la petite fille n’existait que dans son esprit et quand elle meurt assassiné par son beau père, les images que l’on voit son celle auxquelles elle s’accroche. A l’inverse, dans l’orphelinat, le monde des esprits existe vraiment et une fois morte cette femme devient la mère adoptive de tout un tas de fantômes.

3 – L’armée des 12 singes de Terry Gilliam : Paradoxe temporel. Dans un future hypothétique, les hommes décimés sont contrains de vivre sous terre pour échapper à un virus que des activistes écologiques ont lâché à la surface de la planète quelques années plus tôt. Le héros (Bruce Willis au sommet de sa gloire) qui ne se souvient que vaguement de sa vie à la surface du globe, si ce n’est une fusillade dans un aéroport et le visage d’une femme qui le hante, est mandaté pour changer le cours  de l’histoire. Il va être projeté dans le passé (plusieurs fois) pour tenter d’arrêter l’armée des 12 singes, soupçonnée d’être à l’origine du désastre. A ce stade la, une petit parenthèse s’impose. Les voyage dans le temps peuvent être abordés de deux manière. La première c’est celle mise en place dans Retour vers le futur. Le passé s’est déroulé d’une certaine manière et l’arrivée d’un voyageur du future modifie l’histoire. En gros, imaginons que le temps se déroule d’un point A à un point C, et qu’un individu remonte le temps en partant du point C pour arriver à un point B (postérieur au temps C mais antérieur au temps A), il altère le futur C qui devient une sorte de futur C’. La seconde, c’est celle utilisée dans Terminator par exemple. En fait, le voyage dans le temps a toujours existé c’est à dire que le futur est ainsi uniquement parce que le voyage dans le temps a déjà eu lieu. Prenons l’exemple des points A et C. Et bien ce déroulement temporel n’a lieu que parce qu’un individu venu du point C est arrivé à un point B. C’est assez tordu mais en fait, dès le début, l’histoire était composée des points A, B et C et sans le voyage de C à B, jamais l’histoire n’aurais pris ce tour. Revenons à l’armé des 12 singes qui, on le comprend à la fin, fait partie de la deuxième catégorie. La fin du film est marquée par 3 surprise : premièrement, Bruce Willis ne peut rien empêcher (ça le change de ses autres rôles) car l’histoire s’est déjà mise en place à partir de son voyage dans le temps. Deuxièmement, il assiste enfant à sa propre mort (en tant qu’adulte), c’est ça, le souvenir récurant de la fusillade. Troisièmement, l’armé des douze singes n’a rien à voir avec la quasi destruction de l’humanité.

2 – Fight club de David Fincher : occulté par le baiser. Un antihéros, enfermé dans une petite vie étriquée, accumulant du matériel, délaissant l’humain, oeuvrant dans un travail froidement horrible (ou il calcul la vie des gens en terme de coût : « Prendre le nombre de véhicules concernés « a », le multiplier par le taux probable de défaillance « b », puis multiplier le résultat par la moyenne des sommes qu’on a été condamné à verser « c ». »a » multiplié par « b » multiplié par « c » égal « x », si cet « x » est inférieur au coût d’un rappel, on ne fait rien« ) rencontre par hasard dans un avion son exact opposé, Tyler Durden, sur de lui, ouvert, affirmé, qui va radicalement changer sa vie. Outre le twist final sur la révélation de qui est Tyler Durden (une création de son esprit), le film s’achève sur un baisé, la concrétisation de l’amour que notre héros porte à Marla Singer, la fille qui l’obsède tout au long du film. Happy end ? Pas si sur. Car si effectivement le film se termine sur un baisé (et une grosse bite), la dernière scène rappel aussi que le plan de Tyler à fonctionner : les immeubles explosent, L’Amérique va être remise à zéro, sans banque ni ordinateur.

1 – Memento de Christopher Nolan : ou l’un des seuls film de l’histoire avec deux fins c’est à dire la fin du film et la fin de l’histoire (qui se trouve être la première scène). Pourtant, les deux sont intimement liés. Ce chef d’oeuvre du cinéma réalisé par un futur grand (Christopher Nolan, le « papa » du Batman nouvelle génération) reste à ce jour (à mon humble avis) son meilleur film, prouesse démontrant à la fois son talent de réalisateur et de scénariste, il monte intelligemment son film pour que, même à l’envers (encore plus à vrai dire), on soit pris dans la narration et l’enquête que mène cet homme qui d’emblée attire notre sympathie par son histoire (il cherche à retrouver l’assassin de sa femme, morte lors d’un cambriolage) et son infirmité (depuis ce fameux cambriolage il perd sa mémoire immédiate à intervalles réguliers, ce qui signifie que toutes les 10 ou 20 minutes environs, il oublie ce qu’il vient de vivre ce qui l’emmène à écrire les choses pour s’en souvenir et à tatouer sur son corps les éléments qui lui semble primordiaux).

La fin signe habilement l’arrêt de deux certitudes qui ont conduit tout le film (poussant à un revisonnage avec la prise en compte de ces deux informations) : Premièrement, sa femme n’est pas morte dans un cambriolage (qui a bien eu lieu mais auquel elle à survécu) mais c’est le héros qui, à cause de ses pertes de mémoire, l’a « assassiné » en lui administrant plusieurs fois un même médicament. Deuxièmement, le héros refuse de croire à cette réalité, et, au lieu d’un mari aimant voulant venger sa femme, on découvre qu’il est ce qu’on peut qualifier de sale type, choisissant de manière totalement consciente de s’orienter sur la piste d’innocents plutôt que d’arrêter sa traque.

Une fin plus que brillante pour un film intelligent.

Je ne connais pas suffisamment de bloggeur pour taguer quelqu’un mais si vous avez envi de participer ce sera avec plaisir. Et comme Lizly avait fait celui des introductions de films, peut être aura-t-elle envie de tenter celui la ?

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5 réflexions sur “Un classement très fin : partie deux sur deux

  1. Buster Casey dit :

    Alors, Dieu sait que je ne m’immisce jamais dans l’orthographe de ton blog, l’Histoire jugera. Mais par pitié, change vite ce fameux « baisé » par « baiser » sinon ta fréquentation sur ton blog va
    crever le plafond et nous aurons droit à un futur tableau de recherche ahurissant. Surtout que cela fait verser ton blog dans ce qu’il n’est pas. Merci pour toi, merci pour nous…
    P.S. Tu peux effacer ce commentire une fois lu

  2. C dit :

    Comme prévu, je me suis contentée de lire la fin de fight club et celle de memento parce que celui-ci, je n’ai pas réussi à passer le 1er quart d’heure…
    J’ai bien compris que depuis août 2009 tu as eu du mal à faire un classement satisfaisant à tes yeux, apparemment tu t’es donné du mal alorf franchement félicitations !
    Et pourquoi pas seven ? (je crois bien avoir posé la même question à buster casey à l’époque, oui je fais une fixette sur ce film !!!)

  3. Thé Citron dit :

    Du coup, j’ai rien lu de ton article vu que j’ai vu aucun de ces films!

  4. Lizly dit :

    Euh… Ouais… J’ai le droit à un an de reflexion moi aussi ? Parce que là maintenant tout de suite, j’ai un grand blanc.

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