Anecdote 32 : Qui dort dîne.

Durant longtemps, j’ai cru que cette expression signifiait que le fait de dormir nous nourrissait. Et, à vrai dire, je trouvais ça très con (voir incompréhensible). Puis, un jour, on m’a expliqué que ce proverbe remontait au moyen âge, époque à laquelle des auberges placardaient cet avertissement, prévenant ainsi que la location d’une chambre devait forcement être accompagnée par l’achat d’un repas. Je me satisfaisais pleinement de cette reponse et aujourd’hui, par hasard, je suis tombé sur l’article qui suit (via le site expressio) :

Voilà une expression intéressante, pas par ce qu’elle signifie (et qui aura du mal à convaincre un affamé), mais pour les variantes sur son origine.

D’un côté, nous avons une foultitude au carré de sites Internet qui affirment qu’elle vient du Moyen Âge où le voyageur qui voulait dormir dans une auberge était contraint également d’y dîner, sous peine de se voir refuser le gîte. Autrement dit : « si tu manges, tu dors, si tu manges pas, tu sors ! », ce qu’on appelle aujourd’hui de la vente conjointe forcée et qui n’est plus autorisé (en théorie).

D’un autre côté, nous avons Alain Rey, linguiste distingué, qui passe entièrement cette hypothèse sous silence et nous apprend que ce proverbe vient de l’ancienne pensée « le sommeil nourrit celui qui n’a pas de quoi manger » exprimée par le grec Ménandre auteur, entre autres, de « la nuit porte conseil » mais aussi d’une citation qui vaut son pesant de noix de cajou[1] : « La terre et la mer produisent un grand nombre d’animaux féroces, mais la femme est la grande bête féroce entre toutes ». Cette explication n’est pas reprise par d’autres lexicographes dans les sources dont je dispose.

Alors qui a raison, entre l’érudit qui propose une opinion qu’il semble être le seul à défendre et la masse qui en diffuse une autre ? Notez que même si Ménandre a bien émis cette pensée, rien n’empêche que les aubergistes d’autrefois aient pratiqué la vente forcée. Les deux explications ne sont donc pas incompatibles.

[1] J’aime pas les cacahuètes !

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2 réflexions sur “Anecdote 32 : Qui dort dîne.

  1. Lizly dit :

    Moi, je penche pour Alain Rey. Mais je ne suis pas objective sur Alain Rey.

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