Licenciement , première partie : pourquoi ?

A la fin des années 90, des tas de librairies dites « traditionnelles » ont périclité et furent forcé de cesser leur activité. C’est a cette période qu’un groupe véreux, qu’on va appeler P pour une meilleur compréhension, s’est porté acquéreur, achetant ainsi tout un tas de magasins, un peu partout en France et en Belgique,  bien situés mais au bord de la faillite. Puis, après avoir constitué un pack suffisamment important (et économiquement intéressant ), le groupe P a mis le lot en vente.

Par chance (?), c’est un autre groupe (disons le B) souhaitant continuer l’activité de librairie qui fut preneur (on appris par la suite que les anciens patrons auraient vendu à une chaîne de restaurant ou à un magasin de lingerie, sans que ça leur fasse ni chaud ni froid tant que de l’argent pouvait arriver dans leur poche).

A vrai dire, la librairie n’est pas l’activité la plus lucrative qui soit (peu de marge, beaucoup de stock, un coût d’entretien conséquent…) et le nouveau groupe à donc décidé de rationaliser l’entreprise (ce qui en soit est compréhensible).

Avant, chaque librairie passait ses propres commandes et les réceptions étaient traitées dans les magasins. Du coup, plutôt que chaque magasin possède ses réceptionnaires attitrés, le groupe B a mis en place une centrale d’achat pour toutes les librairies : ainsi une vingtaine de réceptionnaires font le boulot de 150, le service comptabilité se trouve lui aussi réduit (puisque centralisé), les remises sont plus importante, on évite des frais de transport hallucinant…).

Sur le papier tout cela semble être une bonne chose sauf que, à mon avis, c’est mal fait. Ou alors très bien économiquement parlant mais détestable à tous les autres niveaux : cette centrale d’achat pousse tous les magasin à adopter le même programme et ce quelque soit leur spécificité. En clair, on va devenir des grande surfaces en ayant tous les inconvénients (peu de choix, peu de marge de manoeuvre) et aucun avantages (pas de place pour se garer, pas de rapidité en caisse).

A la base, la loi Lang qui fixe un prix unique au livre est une bonne chose, elle permet qu’aucun groupe puissant n’écrasent trop les autres ce qui engendre une diversité de publication somme toute importante. Mais au final, cette pluralité ne sert pas à grand chose si les librairies ne jouent pas le jeu, or,  avec ce nouveau système, on se dirige vers du grand public et du général: les titres qui marchent, les éditeurs accessibles, les bonnes remise.

On pourrait penser que cette stratégie est bête, que prendre en compte les spécificités de chacun permettrai un meilleur rapport qualité prix (puisque ce groupe a racheté des tas de librairies, certaine dans des aéroports, certaine à coté d’université, d’autre en zones commerciales ou encore en centre ville, autant prendre en compte les spécificités de chacune) . A priori, tout ce programme découle d’un choix : d’un coté on a un investissement qui prend du temps de l’argent et de la volonté : donner les meilleurs moyens à chaque magasin de se développer selon sa spécificité, de l’autre on à cette méthode: soumettre tous les magasins au régime le plus rentable et voir lesquels survivent.

Du coup, on avance lentement vers un Darwinisme économique : on impose le même programme à tous et seul ceux qui fonctionnent survivront.

Bienvenue dans la culture du XXIe siècle.

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