Trop saiks

Il n’y a pas si longtemps nous avions élaboré, Bustercasey et moi, ce top 5 sur les meilleurs introduction de film. Jamais totalement satisfait d’un classement (on en oublie toujours et on en découvre régulièrement) nous reparlions de nos regrets respectifs quand à nos choix pour, au cours de la discutions, faire germer deux nouvelles idées de top 5 concernant les films. Aujourd’hui on n’est pas très loin du premier classement fait sur les introductions puisque il s’agit de choisir les meilleurs scènes de sexe (oui, je sais, le jeu de mot est lamentable) mis à part dans les films X, ce qui est loin d’être évident car c’est le genre de scène qui, dans la plupart des films, se trouve être rébarbative, chiante et franchement dispensable. J’ajouterai que c’est une sorte une sorte de défi personnel car je ne suis vraiment pas du tout client de ces scènes la qui ont tendance à me gonfler. Let’s go.


1- A history of violence
: La cheerleader. Cronenberg doit être le meilleur réalisateur en ce qui concerne ce genre de scènes (obligatoires et rasoirs dans les films des années 80/début 90 qui deviennent de plus en plus inutiles et, par conséquent disparaissent des films) car quand j’essaie de visualiser des scènes que j’ai aimé, seul ses films me viennent à l’esprit : Crash, Existenz, Rage…

En l’occurrence, a history of violence comporte deux scènes excellentes correspondant à l’évolution du personnage principal (Viggo Mortensen). Dans la première, une femme (la superbe Maria Bello) tente faire revivre à son mari aimant et attentionné ses émois du lycée, habillée en pom pom girl elle prend les devants donnant ainsi à la scène une sensualité et une volupté ainsi qu’un potentiel érotique fort le tout magistralement filmé. Dans la seconde scène, le passé violent du héros commence à resurgir et c’est lui qui avec sauvagerie contenue et consentie des deux cotés prend (… ben oui) sa femme dans les escaliers pour une scène toujours érotique et toujours bien filmée. Les deux sont très bonnes mais ma préférer reste la première. Comme on dit, « les goûts et les couleurs… »


2- Black snack moan
: tout le film. C’est assez dure de choisir une scène en particulier tout simplement car le film entier tourne autour du sexe et se trouve donc chargé en permanence d’une atmosphère érotique sans pour autant tomber dans la sensualité bon marché des films de troisième partie de soirée sur les chaînes de la TNT. Christina Ricci (loin de l’ado boulotte perturbée qu’elle campe habituellement) est une sex-addict. Elle couche tout le temps, avec tout le monde même si sa conduite l’amène à souffrir (en l’occurrence, elle à un homme qu’elle aime mais qu’elle ne peut pas s’empêcher de tromper). Sa rencontre avec Samuel L. Jackson, ancien joueur de blues reconverti en ermite acariâtre proche du seigneur, va les changer. Elle va réussir à se désintoxiquer et il va progressivement reprendre goût à la vie. Entre ce point de départ et cette arrivé, on baigne dans une ambiance sensuel, moite et légèrement décadente… pas vraiment le genre de film à regarder en famille.


3- La vie de David Gale
: la salle de bain. David Gale (Kevin Spacey) est un condamné à mort qui reçoit, quelques jours avant son exécution, une jeune journaliste (Kate Winslet) à qui il raconte sa vie. Professeur militant heureux en ménage et dans son travail, sa vie bascule le jour ou une de ses étudiantes (Rhona Mitra dont on imagine la plastique quand on sait qu’elle a commencé sa carrière en incarnant lara croft lors des sorties jeux vidéo) l’entraîne, lors d’une soirée arrosé, dans une salle de bain. S’ensuit une scène de baise plutôt excitante, relativement violent mais surtout scénaristiquement importante puisque c’est à partir de la que la vie du héros va basculer dans l’horreur. La jeune étudiante va l’accuser de l’avoir violé ce qui pousse sa femme à le quitter et son université à le « remercier », il va finalement tout perdre et être condamné pour le meurtre de sa meilleur amie. Tout ça pour une partie de baise.

A ce stade de mon classement j’ai le choix entre embrayer sur des scènes plates qui ne tiennent que par le physique de l’actrice (comme dans pas mal de slasher ou de film d’action), sur des scènes avec un impact scénaristique fort (par exemple, pour le geek que je suis, la conception de john connor ou de luke et laya qui ne valent pas vraiment par leur potentiel érotique mais plus par leur signification au niveau de l’histoire) ou sur des scènes de sexe, pas du tout excitante mais pourtant vraiment marquante. J’ai opté pour la troisième solution (en précisant bien que mes choix portent plus sur l’aspect saisissant que sur le caractère sexuel).


4- La colline a des yeux
(version 2006) : dans la caravane. A la base, le viol est un acte abominable et donc difficilement supportable même au cinéma (montrez moi des éviscérations, des litres l’hémoglobine, des pendaisons et autres décapitations à la scie, tout va bien mais un viol à l’écran et mon poil se hérisse). Pourtant, Aja arrive à rendre cette scène plus alarmante encore. Une famille perdue sur une route de campagne déserte et une ambiance dangereuse qui prend le temps de s’installer (pour le spectateur car la famille, elle, ne se doute de rien) pour exploser dans un savant enchevêtrement de violence, tristesse, sadisme, désarroi, cruauté et désespoir dans une scène d’anthologie. Alors que presque toute la famille assiste impuissante à la crémation du père (encore en vie, sinon c’est moins drôle) la fille, restée dans la caravane, reçoit la « visite » de deux monstres (des humains consanguins restés sur un site d’essais nucléaire du genre hideux et crades qu’on ne toucherait même pas à travers un double vitrage après avoir enfilé des moufles). Le premier, sorte d’humanoïde à l’apparence d’un lépreux moite et bavant, la caresse obséquieusement avant de se faire dégager par l’autre, quasi squelettique plein de croûte et rempli de violence qui, lui, ne se contente pas de quelques attouchements et viol sauvagement une jeune fille apeuré, larmoyante et horrifié. Pour finir en beauté la scène, sa grande soeur rentre dans la caravane et deviens le nouveau « jeu » des deux violeurs qui braquent un flingue sur son bébé, l’obligeant ainsi à se soumettre avant de l’achever d’une balle dans la tête et de kidnapper le bambin. Pas glop du tout mais ô combien marquant.


5- Les lois de l’attraction
: la première scène. Vous allez croire que je suis un maniaque du viol mais ce n’est pas le cas. En l’occurrence, cette scène a plutôt tendance à vous dégoutter, oppressé par le désespoir et le glauque de la situation. Cette jeune fille nous expose en voix off, alors qu’a l’image on la voit discuter dans une fête, ses plans et ses envies, sa virginité conservée, son amour déçu pour un crétin égocentrique qu’elle continu malgré tout à encenser, ses rêves pour sa première fois, son passage à l’acte idéal et les aléas de la vie qui la pousse dans les bras d’un autre (moins bien que son prince charmant mais aux allures douces et romantiques) jusqu’à cette scène ou elle se réveille à quatre pattes sur un lit, filmé par celui avec qui elle croyait coucher et baisé par un débile complètement saoul qui finit par lui vomir dessus. Glauque et désespéré, je vous l’avez dit.

Note : ce qui est amusant c’est que j’ai eu du mal à établir ce top. Comme d’hab j’en ai oublié (la relation sado masochiste d’une employée et de son patron dans la secretaire, le show contre une dose de Jennifer Connelly dans Requiem for a dream, les débuts houleux du couple adultère de l’empire des sens, le final controversé de The brown bunny…) mais surtout j’en ai parlé autour de moi et j’ai constaté que personne n’aime ce genre de scènes. Alors pourquoi est ce qu’on en réalise ?

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