De la passion au gore

Parfois je m’interroge sur les choix et les personnes qui les effectuent.

Il n’y a pas si longtemps que ça, les histoires d’un magicien orphelin marqué d’une cicatrice apprenant la magie et combattant le mal avec ses amis explosaient tout les records en librairie. Flairant le bon coup, des producteurs de cinéma mettent sur les rails le projet Harry Potter en faisant appel à Chris Colombus, le réalisateur ami des enfants et du cinéma léger ( les maman j’ai raté l’avion ou madame doubtfire) pour s’atteler au premier épisode de la saga. Le pari est réussi : à l’image du livre, on assiste à un film simple (un peu trop d’ailleurs) mais détendant, sans réels enjeux ni profondeur, sur une bande de gamin qui découvre un univers magique.

Ravis du succès, les producteurs remettent le couvert et lancent le chantier du numéro deux avec le même réalisateur sauf que là, au final, ça coince. Chris Columbus est resté dans son univers enfantin là ou l’histoire commençait à s’intensifier, se complexifier et s’assombrir. On sens que des concessions sont faites des tous les cotés (le réalisateur noirci (à peine) son cinéma et le scénariste attendri son histoire) mais le courant ne passe pas et la série prend une mauvaise pente.

C’est à ce moment la qu’arrive la bonne idée. A quoi (ou qui) est elle due, je ne sais pas, toujours est il que le réalisateur change. Exit Chris Columbus, welcome Alfonso Cuaron (réalisateur de l’excellent les fils de l’homme et producteur du tout aussi bon le labyrinthe de pan) qui prend un virageà 180° et relève le niveau de la saga en l’assombrissant considérablement (peut être même plus que ne l’étais le livre à l’origine) et livre un épisode introverti, essentiellement tourné vers les personnage et leur(s) douleur(s) intérieur. Fini les couleurs guillerettes, le château façon walt disney, les match de quidditch et les gamins boutonneux. Les héros deviennent des ados qui se posent des question, les adultes ont tous un passé aux vues duquel le manichéisme n’est plus de mise et tout ce petit monde évoluedans un univers gothico-glauque au possible. Peut être trop pour les producteurs.

Ils évincent Alfonso Cuaron et propulse à sa place Mike Newell (un anglais un peu touche à tout à qui l’on doit notamment 4 mariages 1 enterrement ou Donni Brasco) qui réalise l’épisode le plus épique de la saga à ce jour. En même temps, le scénario (et le roman) s’y prêtait bien : un concours entre sorciers avec son lot d’épreuves, des réflexions, de compétition et d’action. Moins oppressant que l’épisode précédant, le film ne revient pas non plus à la candeur d’antan et voit Harry chuter du statut de héros à celui de brebis galeuse. Le réalisateur arrive à effectuer un savant mélange entre aventure et introspection, entre clarté et obscurité et conclu même son film sur un final tout aussi dramatique que sombre.

C’est sur ces entrefaits qu’arrive David Yates, réalisateur du 5 ème volet de la saga (puis des 3 suivant, pas encore sorti au cinéma) qui s’impose comme en mixe entre ses deux prédécesseurs (la trame narrative l’y aidant bien) à savoir un scenario plus complexe et plus riche au niveau des personnages et de l’histoire en elle même permettant aussi des scènes d’action grandiloquentes.

Tout ça pour dire que les producteurs ont su choisir des réalisateurs appropriés pour adapter les différents romans en restant plus ou moins dans le ton (je tiens à préciserque, même si j’ai vu tous les films, je n’ai lu que le premier volume de Harry Potter donc mes observations se réfèrent à des « on dit » et des impressions plutôt qu’à une expérience personnelle).

Cette année, c’est l’histoire d’amour d’une humaine et d’un vampire (puis d’un loup garou si j’ai bien compris car cette fois ci je n’ai lu aucun des livres) qui s’impose comme le succès librairie de 2009. Encore une fois, des producteurs malins ont trouver le bon filon et vont l’exploiter jusqu’au bout : Twilight, la série en 4 volumes, va être adapter au cinéma et aura même les honneurs de différents « spin off ».

Le choix du réalisateur (ou plutôt « trice ») pour le premier opus semble judicieux : Catherine Hardwicke, qui dans ces précédents films (les seigneur de dogtown ou thirteen) explorait déjà l’univers adolescent. Par contre, j’ai des doute quand aux choix des suivants : le volume deux sera réalisé par Chris Weitz, surtout connu pour le teen movie à gaudriole et humour potache qu’est American pie (qui reste malgré tout un des meilleurs du genre) ou l’écriture de scriptes tel que La famille foldingue et Shangai kid (ceci dit, il a plus d’une corde à son arc puisqu’il a aussi tourné La croisé des mondes T.1 et Comme un garcon) et, pour le volume trois, on annonce déjà le nom de David Slade, très bon réalisateur du gore et sanglant 30 jours de nuit (déjà une histoire avec des vampires sauf que là, les humains, ils les aiment surtout comme plat principal) et du glauque Hard Candy (une histoire de pédophile avec une longue scène de castration).

Pour le coup, la saga qualifiée partout de Gothico-romantique risque sérieusement d’être reliftée.

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2 réflexions sur “De la passion au gore

  1. Buster Casey dit :

     Très bon article mais je tiens juste à préciser un point. Tu dis d’Alfonso Cuaron qu’il est le réalisateur de l’excellent Les Fils De L’Homme. Non, il est le réalisateur du magnifique – génialissime – monumental – incroyable Les Fils De L’Homme. Voilà, je permets de préciser, merci…

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