Nostalgie, un autre point de vue

Musique écoutée : Isa de Enslaved

Dernier livre lu : 3 pour voir le roi de Magnus Mills

Dernière série vue : Scrubs épisodes 8, 9 et 10 Saison 5

Dans un de ses posts récents intitulé nostalgie link, Buster Casey (encore lui), déplore, en partant de l’exemple de you porn, la multitude des choix et la facilité d’accès qui entraîne un appauvrissement du désir (due à la suppression de l’attente, de la monté de l’envie, ainsi que du coté transgressif) et une qualité moins grande dans les films de culs en particulier et des produits culturels d’une manière plus générale. C’est vrai. Moi aussi, quand j’étais plus jeune, j’ai planqué mes magasines de fesses (dans mon étagère, sous les piles de fringues. Une maigres collection ceci dit : deux newlook, un hot vidéo et un écho des savanes), j’ai couru après des VHS (que je ne pouvais jamais voir étant donné que le seul et unique magnétoscope de la maison se trouvait dans le salon à coté de la chambre de mes parents) et, avec l’avènement d’internet j’ai passé des soirées à chercher des sites gratuits (en 512k, je ne vous raconte pas la joie).

De nos jours, il est extrêmement facile de trouver gratuitement ce que l’on cherche que ce soit pour le sexe, les films ou la musique.
Est ce que cette simplicité gâche le plaisir et le désir ? La qualité a-t-elle disparue au profit de la quantité ?

Si je suis d’accord pour dire que les comportements ont changer et que je conçois qu’on puisse être nostalgique de cette ère pas si lointaine ou l’on pouvait attendre, patienter et espérer, de cette époque ou seul (pratiquement) la « qualité » voyait le jour. Cependant, je ne sais pas si je m’apitoie sur ces temps nouveaux que sont les nôtres. Au contraire cette multitude permet à tout d’exister (et de cohabiter), le bon comme le mauvais, l’excellent (les films pornos tourné en 3 parties avec un budget digne d’un semi Blockbuster) qui côtoie le pire (un clip vaguement érotique tourné avec un téléphone portable mettant en scène des acteurs moches et insipides).

Le marché culturel (désole, pour moi les films de culs font aussi parti de la culture) a évolué. C’est sur, les metteurs en scène ne se battent plus pour réalisé le film qu’ils veulent puisque le support dvd leur permettra de le monter tel qu’ils le désiraient à la base (vous savez, les dvd director’s cut avec comme accroche publicitaire : « le vrai film, tel que le voulait machin » ), c’est sur de moins en moins de gens apprécient réellement le fait de posséder un cd ou un dvd, on attend peu et tout est accessible de façons simple et efficace. En temps que consommateur, c’est à nous de faire le travail, de séparer le bon du mauvais (ou, pour être plus précis, ce qu’on aime de ce qu’on aime pas). J’aime bien écouté du métal car c’est un musique peu évidente dans laquelle je dois m’investir (pour apprendre à l’aimer et pour la découvrir, la trouver. Elle revêt en fin de compte, un coté alternatif plutôt sympathique). Du coup, cette démarche (rechercher ce que j’apprécie dans un océan de choses que je n’aime pas) m’apparaît comme évidente dans tous les domaines.

Certes, les 8/9 des clips disponibles sur you porn sont encore moins excitants qu’un reportage du droit de savoir de 4éme partie de
soirée sur la prostitution des filles pratiquant la chirurgie esthétique dans le milieu du X business. Pourtant, cette avalanche de pratiques, de physiques et de qualités, nous permet, en cherchant, de trouver des trucs qui nous branche vraiment (loin de la qualité évidente et incontournable mais figée des années 70 et 80).

Notre vie est saturé par les informations et les choix. Nous avons des tas de chaînes TV, des accès internet deviennent de plus en plus perfectionnés, une presse croissante et parfois gratuite, des dizaines de films qui sortent chaque mercredi, mais aussi une trentaine de lessive qui lavent toutes plus blanc que les autres, des produits de ménage multi-surface et, dans la même marque, des produits pour chaque surface (?), des restaurant tous les 20 mètres, des agences de voyages partout, de la pub, de la pub, de la pub, 8 marques différentes de camemberts, des centaines de sites proposant des pornos en streaming…il faut faire des choix et c’est cette recherche qui devient le nouveau désir de notre génération. Il n’a pas disparu, il a juste muté, il s’est transformé et a pris d’autres formes. Finalement, il suffit, un peu comme dans tous les domaines, de ne pas suivre la voie de la simplicité pour accéder à ce que nous aimons vraiment. Il faut se battre pour découvrir ce que nous aimons vraiment.

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